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Abdelkader Bendamèche : Commissaire du festival national de chaâbi

«La formation est le seul moyen de transmission de cet art»

Comme à l'accoutumée, le festival national de chaâbi revient à grands pas coïncidant avec le mois de ramadhan et donnant toute sa consonance à ce mois sacré. Du 25 au 31 août, les férus de ce chant assisteront à la 5e édition de ce festival qui permet de vivifier cette musique afin de constituer une relève.

Abdelkader Bendamèche, commissaire du festival, lui-même mélomane et chanteur de chaâbi, ne conçoit pas de relève sans une formation solide. A cet effet, en responsable conscient, il privilégie la formation pour cette nouvelle édition. Dans cet entretien succinct, il livre ses impressions sur le chaâbi, cette complainte qui, malgré les années, n'a pas pris une ride.

Le temps d'Algérie : En quoi cette 5e édition du festival national de la chanson chaâbi se démarque-t-elle des autres ?
A. Bendamèche : L'amélioration se situe dans deux axes fondamentaux : L'accentuation du programme pédagogique et l'élargissement de l'espace d'expression environnemental. Le programme pédagogique a connu une amélioration dans le volume horaire et dans le nombre de cours. Le suivi de ce programme est désormais obligatoire pour les candidats finalistes,

il est ouvert aux musiciens ainsi qu'aux auditeurs libres. Le second point est l'espace du théâtre de plein air Fadéla Dziriya de l'Institut national supérieur de musique qui sera ouvert durant toute la période du festival. Appelée programme environnemental, cette activité permet aux candidats de se produire dans un espace différent de celui du TNA.

Pourquoi axez-vous cette année sur la formation ? Où se déroule-t-elle ?
La formation est le seul moyen scientifique de transmission de la connaissance dans ce domaine. Nous appliquons à la lettre notre plan d'action initial lancé dès la 1re édition en 2006, celui de la connaissance et du savoir, nous le faisons par le moyen d'un master class ainsi que par la publication d'un diwan annuel (recueil de poèmes populaires), qui est en fait le corrigé des œuvres interprétées par les candidats lors des différentes finales.

Par cette démarche scientifique, nous comptons créer une atmosphère universitaire dans notre domaine. L'expérience nous a montré les bienfaits de cette initiative qui a été suivie avec une grande attention par les candidats durant les deux dernières éditions. Ces journées pédagogiques ont lieu du 26 au 30 août 2010 à la salle Moughari Boukhari de l'Institut national supérieur de musique, avenue du 1er Novembre à Alger.

Ce festival permet de constituer un vivier de chanteurs de chaâbi ?
La recherche de nouveaux talents à travers le territoire national est l'un des axes principaux de notre démarche. Permettre à tous les jeunes interprètes de tenter leur chance est aussi notre mission. Il faut donner une chance à ce vivier de chanteurs chaâbi pour perpétuer le message culturel contenu dans ce chant traditionnel ancestral.

Y a-t-il une préférence à encourager pour les jeunes talents ?
Une préférence certaine, c'est celle de bien aborder cet art, en observant les règles de la pratique de chanter. L'apprentissage de texte est une grande préférence aussi chez un jeune talent. Nous l'encourageons de toutes nos forces, afin de préparer une génération d'interprètes qui connaîtra son sujet et qui saura bien le défendre.

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