| Bâtisses à l’abandon au service de l’art |
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Nombre d’artistes et d’intellectuels souhaitent la récupération des bâtisses abandonnées, leur restauration en espaces d’expression créative, au service de la culture et des arts dans toute leur diversité. Des bâtisses ayant servi par le passé à Alger ou ailleurs d’usines, d’abattoirs, de briqueteries , des caves, des hangars et des voûtes se trouvent aujourd’hui à l’état d’abandon et tombent peu à peu dans l’oubli, au moment où des franges éclairées de la population, tels que les artistes, manquent cruellement d’espaces d’expression créative. Ces lieux dits «actifs dormants», dont la surface se décline en millions de mètres carrés, nécessitent une restauration pour servir la culture et les arts. Pour l’écrivain-journaliste Mustapha Benfodil, «les exemples ne manquent pas. Il y a urgence pour intervenir sur le vieux bâti. Une partie de ces espaces aurait pu être récupérée pour en faire des lieux d’art. Sans parler de ceux qui ont une forte valeur patrimoniale, et qui méritent une meilleure prise en charge pour leur valeur intrinsèque». De son côté, le plasticien Karim Sergoua relève que les artistes demandent à évoluer dans des lieux simples, modestes et d’intérêt pratique, car les espaces dits de luxe «ne servent ni l’inspiration ni l’imaginaire de l’artiste». Au sujet des voûtes d’Alger et autres anciennes briqueteries et caves, cet artiste cache mal sa profonde peine de voir ces lieux dans un tel état au moment où les espaces d’expression artistique se font de plus en plus rares. Il a affirmé, dans son entretien à l’Agence presse service d’Algérie, que «l’artiste ne demande pas d’argent. Il demande son droit à accéder à des lieux simples, hospitaliers et appropriés dans lesquels il pourra évoluer et donner libre cours à son inspiration. Si ces lieux sont mis entre les mains d’artistes, nul doute que d’une façon ou d’une autre, ils seront transformés en espaces culturels animés ou tout simplement vivants». Une autre question est posée, celle de la propriété. A ce propos, M. Benfodil appelle à «une implication au plus haut niveau de l’Etat pour régler les problèmes juridiques liés à l’exploitation de ces espaces». K. Sergoua, lui, rapporte : «Nous ne savons pas exactement à qui appartiennent ces lieux. Nous ne savons même plus à qui s’adresser. Toutes nos tentatives se sont révélées vaines à cause de problèmes purement bureaucratiques. Et l’artiste se retrouve désemparé.»
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