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Exposition de Zoulikha Taouchichet

Des regards qui content une saga féminine

C'est une galerie de femmes aux regards alanguis, aguicheurs, coquins, espiègles mais aussi inquiets, interrogateurs et tristes que nous propose l'artiste peintre Zoulikha Taouchichet à la galerie Didouche Mourad.

Cette exposition très colorée, qui se tient du 9 au 16 août, raconte la saga féminine à travers une multitude de portraits très couleur locale. «C'est pour faire connaître et véhiculer notre culture avec tous les tons de l'Algérie que j'ai réalisé ces nombreux tableaux», explique Zoulikha. Chaque femme a sa particularité et porte un costume de chaque région du pays.

La Boussaadi, Saharienne, La princesse de la Casbah, Mariée touareg, autant d'intitulés de tableaux qui offrent un regard synoptique sur les divers costumes des différentes contrées algériennes. «J'ai voulu montrer cette diversité à travers leurs habits chamarrés», dit-elle. Ce qui attire l'attention, c'est leurs regards significatifs, tantôt malicieux, tantôt sombres, rieurs, indiscrets ou joyeux et prometteurs d'espoir et d'espérance. L'intensité de leurs regards émane de leurs yeux noirs, verts ou miel.

De ces regards, c'est toute leur histoire qui se dévide et dit la vie dans toute son ampleur et sa démesure. A ce sujet, l'artiste signale : «Je peins comme je rêve, avec des odeurs et de sons qui se mêlent aux couleurs. Il y a toujours ces visages qui me submergent et leurs regards qui m'engloutissent, des visages de femmes qui ont jalonné mon histoire, femmes absolues, passionnelles, nostalgiques amoureuses et éternelles.»

Des femmes témoins et spectatrices
Zoulikha a gardé en mémoire ces femmes qui la hantent et qu'elle déroule comme un fil, sereinement et impassiblement. Au-delà de ces visions, elle extirpe le mal-être de ces femmes dont la condition n'est guère enviable. «Chacune de ces toiles que j'ai réalisées porte les stigmates de notre commune et féminine condition», affirme-t-elle. Indéniablement, l'artiste a une profondeur d'analyse qu'elle exprime par ces regards, et ces traits, souvent durs, ou parfois doux.

«Ces femmes qui hantent mes tableaux sont des fantômes familiers qui viennent revisiter mes rêves, alors au milieu d'un zelidj, sur le rebord d'une terrasse, devant une gourde, elles posent pour moi», dit-elle avec enthousiasme. Ces femmes témoins et spectatrices de leur vie semblent raconter à l'artiste chaque soir des histoires qui l'amusent et la peinent. Comme une confidente, elle les écoute avec attention. Zoulikha semble avoir comme prédilection la couleur qui reflète ces états d'âme.

C'est une merveilleuse coloriste, en témoignent tous ces costumes traditionnels qui mettent en valeur notre patrimoine culturel et celui du terroir. D'ailleurs, l'artiste peint également des paysages, des natures mortes. Vivant à Paris, Zoulikha, qui avait comme penchant la peinture dès son plus jeune âge, en a fait son métier depuis une quinzaine d'années. Depuis, elle ne se départit plus de cette passion qui a donné des couleurs à sa vie et lui fait entrevoir une belle carrière artistique.

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