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Festival international de Carthage

A Carthage, il y a des artistes qui comptent sur le public pour meubler leur soirée et d’autres sur la prestation de l’orchestre. Nathalie Cardone, rendue célèbre grâce au titre «Commandante Che Gueverra», a choisi la deuxième option. Elle a, en effet, ménagé ses efforts laissant son orchestre mené en grande partie le concert. N’était-elle pas en forme ? Ou peut-être est-elle déçue par le petit nombre de spectateurs. Toujours est-il que jusqu’à présent son  spectacle est le moins bon de cette session de Carthage.

Mercredi dernier, le public essaimé çà et là sur les gradins de l’Amphithéâtre romain avait hâte de découvrir l’artiste Nathalie Cardone. Actrice convertie en chanteuse, elle a constitué un petit répertoire à la hauteur de sa voix fluette et de son talent moyen. Mais au lieu d’interpréter les titres de ses deux albums, elle s’est contentée de ressasser des tubes archiconnus sans doute pour ne pas décevoir le public ou tout simplement qu’elle n’a pas trouvé le temps nécessaire pour répéter avec l’orchestre.

Comme entrée en matière, l’orchestre, composé en majorité d’instruments à vent, a joué des morceaux de musique jazz d’Amérique latine. Puis, après cela et depuis les coulisses, la chanteuse entame la lecture d’un poème, ensuite, sans trop faire impatienter les spectateurs leur livre le tube tant attendu sur le Commandante Che Gueverra. Un air sur lequel elle vibre et laisse exprimer son émotion jusqu’aux larmes. «Les vrais chanteurs ne se tairont jamais face au crime» lance-t-elle avant de reprendre un autre refrain argentin ovationné par l’assistance.

Une communion aurait pu se créer entre elle et le public, mais à peine l’accord commence à s’établir, elle s’éclipse dans les coulisses. Rien à faire, elle est fuyante la Cardone malgré une présence sur scène non négligeable due à son talent de comédienne. «Je voudrais vous dire que je vous aime et si je devais faire la route à genoux je l’aurais faite». C’est en ces termes qu’elle achève la première partie de son concert laissant la place à l’orchestre.

Ce dernier multiplie les solos saxo, basse… improvise des morceaux latinos en attendant la seconde apparition de la chanteuse, qui comme précédemment nous offre un poème intitulé «Le prophète» de Khalil Joubrane sur lequel elle s’étale longuement. Elle prend le risque et  enchaîne des titres connus comme «Corazon», «Besame Musche», «la vie en rose» d’Edith Piaf qu’elle massacre à volonté et pourtant le public la soutient par des ovations nourries.

Elle regagne de nouveau les coulisses puis revient pour confier que son grand père est né en Tunisie et que par conséquent elle a des racines tunisiennes. Adhésion et sympathie de l’assistance et enfin tour de chant final avec des morceaux engagés «Gracias a la vita», «les rebelles», «je sais que je vais t’aimer» et enfin pour boucler la boucle reprise du refrain «Commandante Che Guevarra».
Une prestation médiocre et bâclée avec un arrière-goût de déception. Jamais plus jamais cela à Carthage. Un peu plus de vigilance dans le choix des artistes et de leurs programmes s’impose. Le lieu ne se prête pas à ce genre d’amateurisme et de négligence.
 

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