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FIFM: Un festival de poids lourds
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S’il y a un moment à ne pas oublier lors de cette édition du Festival international du Film de Marrakech, c’est bien le premier soir. Un coup d’éclat signé Shah Rukh Khan, la star planétaire venue d’Inde. Le 2 décembre, après un hommage au Palais des Congrès, un discours émouvant sur l’amour du Roi de Bollywood pour le Maroc, le tour place Jamaâ El Fna est unique dans les annales du festival. On a certes vu le public déchaîné, survolté lors des sorties d’Amitabh Bachchan, un autre monstre sacré indou, ou alors Leonardo Di Caprio, Keanu Reeves, mais jamais la fête, la folie n’ont atteint un tel degré d’amour, de partage et de connivence avec un visage aussi célèbre.

Tout ceci tient à la personne de Shah Rukh Khan. Un gars d’une simplicité désarmante, qui se fond dans la foule, embrasse tout le monde, chante, danse, crie sa passion pour les autres et son bonheur d’être au Maroc. Il faut aussi souligner que le public marrakchi a été d’une exemplarité sans faille. Il a manifesté sa joie de toucher sa star adulée, sans le moindre excès, encore moins le désir d’en faire plus qu’il n’en faut. Retenue d’une part, élan de l’autre, la symbiose était parfaite. Un palmarès ficelé Cela promettait d’autres moments tout aussi uniques. Mais il a fallu d’abord suivre les films qui concouraient pour l’Étoile d’Or et les autres prix.

Très vite, quelques films sortaient du lot, comme l’italien Seven Acts of Mercy, l’australien Snowtown, l’américain Without, le danois Out Of Bounds ou encore l’iranien Death Is my Profession. Il y avait aussi Belvédère, de la Bosnie; L’amante du Rif, qui a représenté le Maroc; et aussi Land of Oblivion, une coproduction franco-germano-polonaise. Là, le palmarès annoncé par le président du Jury, Emir Kusturica, le 10 décembre, a été à la hauteur d’une sélection concoctée par le directeur artistique Bruno Barde. L’Étoile D’or pour Out Of Bounds, de la Danoise Frederikke Aspöck; le Prix du Jury pour le sublime film de l’Australien Justin Kurzel, Snowtown; le Prix de la Mise en scène pour les deux frères italiens Gianluca & Massimiliano De Serio et leur beau film Seven Acts Of Mercy; et, enfin, les Prix de la meilleure actrice et du meilleur acteur, décernés à l’Américaine Joslyn Jensen, pour sa performance dans Without, de Mark Jackson; et à Daniel Henshall, pour son interprétation dans Snowtown.

Echange profond Depuis le début, le FIFM est une histoire de cinéastes. Au cours des années, on a eu des noms honorés comme Martin Scorsese, Abel Ferrara, Francis Ford Coppola, David Lynch, Jim Jarmush, Ridley Scott, Oliver Stone… Cette année, on a eu droit à un mythe vivant. Un cinéaste atypique. Un génie du Septième Art. Terry Gilliam aura été le gros calibre de cette édition. L’auteur du sublime Brazil ou encore L’Armée des douze singes, a reçu un hommage à la mesure de sa stature. Tout comme l’acteur marocain Mohamed Bastaoui, qui a honoré le cinéma local d’un trophée qui le place aujourd’hui comme une référence pour ses pairs. De même pour l’immense acteur noir américain, Forest Whitaker, qui a été célébré comme l’un des comédiens majeurs de sa génération, lui qui totalise pas moins de 23 distinctions de par le monde, entre Oscar, Golden Globe, Bafta…

Cette édition a aussi donné place à des Master-Classes de toute beauté. Animés par des noms comme le Turc Nuri Bilge Ceylan, auteur d’Uzak et de Trois singes, entres autres, de Jean Jacques Annaud ou encore l’immense Roland Joffé, qui a signé l’inoubliable Mission, sans oublier Marco Bellocchio, l’un des plus grands noms du cinéma italien actuel. Une cuvée spéciale Des échanges pointus avec le public sur des techniques de tournage, des procédés d’écritures, des astuces, l’amour de l’image et tout ce qui touche cet art qui accumule tous les autres.

Mais le FIFM a été aussi l’occasion de voir certains films marocains qui sortiront bientôt en salles. C’est le cas du Retour du fils, de Ahmed Boulane; Andalousie, mon amour, de Mohamed Nadif; The End, de Hicham Lasri; ou encore La mort à vendre, de Faouzi Bensaïdi. Ce dernier, très en-deça de ce que l’on attendait du réalisateur marocain auteur de What a Wonderful World. Bref, 2011, ce sont dix ans de festival, une décennie qui a placé Marrakech au coeur de la planète Cinéma, avec un cru sublime surtout par une année de grande crise, de révolutions arabes où il a fallu à la directrice du FIFM, Mélita Toscan Du Plantier, sortir son immense carnet d’adresses, faire preuve de beaucoup de persuasion pour attirer tout ce beau monde

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