| Guerouabi ou le triomphe du chaâbi |
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Le début d'une grande carrière Tazaroute revient sur le premier contact de Guerouabi avec Mahieddine Bachtarzi qui l'avait programmé le même jour à l'opéra d'Alger. Présenté par Si Abdelkader, aujourd'hui homme d'affaires, le jeune El Hachemi qui n'avait que 17 ans avait eu du succès auprès du public et Mahieddine l'engagea comme comédien et chanteur. C'est ainsi qu'il jouera dans plusieurs pièces de théâtre tout en continuant à animer les soirées musicales. Au début des années 1960, Guerouabi, qui était déjà une star et avait eu un très grand succès avec les chansons Belleq ki tseguem saâdi (paroles de Ben M'sayeb), tenait à arracher une place parmi les grands qu'étaient Amar Laâchab, Rachid Souki, Boudjemaâ El Ankis, etc. L'ambition était grande, mais la mission n'était pas impossible. Guerouabi, qui avait auparavant compris qu'il était plutôt fait pour la chanson que pour le théâtre, savait que des compositeurs tels que Amraoui Missoum et Mahboub Bati avaient entamé un travail de modernisation du chaâbi et qu'il fallait bien se positionner face aux grands d de ce genre musical. Le chanceux Guerouabi, qui avait la beauté, le look, notamment avec sa frange de cheveu, aura aussi la chance de rencontrer l'un des plus grands paroliers et compositeurs de l'époque, Mahboub Bati. Celui-ci avait déjà composé de grands succès pour de nombreux chanteurs tels que Boudjemaâ El Ankis qui nous offrira l'éternel succès Ah ya n’tya. Selon l'ouvrage de Tazaroute, on comprend que c'est Guerouabi qui serait derrière la modernisation du chaâbi aux côtés de Mahboub Bati. Nous comprenons la grande admiration de Tazaroute au défunt Guerouabi, mais il faut dire que Guerouabi était un grand interprète et que la chansonnette était née avant la montée de Guerouabi. Comme le rapporte si bien l'auteur de l'ouvrage, Guerouabi avait tout pour conquérir le public, une belle voix, une bonne diction et une présence sur scène. Lors de ses derniers concerts à la salle Ibn Khaldoun et au théâtre de Verdure, on avait vu comment il communiquait avec son public. Tazaroute nous ramène à ces moments exceptionnels quand le maître se confiait à ses admirateurs par le biais des paroles d'El Harraz, alors que les instruments de musique se taisaient pour laisser la place à la voix unique de Guerouabi. Avec ce bel ouvrage où l'on retrouve de belles photos du défunt chanteur, Abdelkrim Tazaroute, lui-même musicien et chanteur, a réussi à nous offrir de beaux textes d'écrivain sans oublier de mener une vraie enquête auprès de ceux qui ont connu le grand maître.
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C'est à travers un très beau livre que le journaliste Abdelkrim Tazaroute a tenu à rendre hommage à l'un des plus grands maîtres de la chanson chaâbi, El Hachemi Guerouabi.