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Hommage à Rachid Mimouni
Le 12 février 1995, l’écrivain Rachid Mimouni nous quittait à jamais. Ce mois en cours est celui de l’hommage au pluriel, à Boumerdès et ailleurs.

«Le printemps n’en sera que plus beau.» Sans doute le sera-t-il, enfin, celui de cette année 2010 ? Dans ce cas, l’auteur, le regretté Rachid Mimouni, en aura grandement contribué par son œuvre admirable, gorgée d’amour pour les siens, les indigents et sa mère-patrie, un hymne à l’authenticité, à la vérité, à la justice, à la justesse… Puis, «Le fleuve détourné », ce nouveau printemps de tous les défis, désormais résolument relevés par sa chère Algérie, saine, seule contre une coalition secrète qui a une soif ardente de reconquête. Aura-t-il retrouvé son lit ainsi que son itinéraire naturel, enfin ? Il aura été alors incontestablement le maître d’œuvre, il aura conjuré tous les malheurs… Et «La barbarie en général», «Tombéza» et tous nos hôpitaux, nos centres de soins, cesseront-ils, un jour, de constituer le paradis sur terre des cafards, de rendre jalouses les décharges publiques quelquefois et en certains endroits ? La profession de médecin aura-t-elle, dès ce prochain printemps, enfin recouvré son aura de sainteté ? Réussi ensuite, une fois réhabilitée et rétablie dans ses droits, à placer la gravité et la noblesse de sa mission au-dessus de toute autre considération et des basses contingences matérielles ? Il en savait beaucoup, lui, sur les hôpitaux et à ce propos… Avec sa plume bistouri, il n’a pas écrit, il a disséqué, lacéré le mensonge et percé des abcès. Ces abcès purulents qu’on a fait pousser contre son gré sur la peau satinée de sa belle Algérie…Ah ! Tous ces «Forbans» ! Que nous retrouvons presque à travers toute son œuvre, grandiose symphonie inachevée, ces microbes qui n’ont cessé de le hanter, de l’obséder…Qu’est ce qu’ils ne doivent pas se frotter les mains de joie, jubilant jusqu’à baver du venin, le sachant passé de vie à trépas, lui, «opposant déjà au stade spermatozoïdal», allergique à toute forme d’usurpation, à la médiocratie ambiante, génératrice de tous nos maux… «Bosakoche», ce malheureux et non moins sympathique professeur de lycée qui, après ses heures de travail, s’en allait discrètement communier avec Bacchus sur les rails de chemin de fer pour noyer ses déboires de misérable marchand d’alphabet. Il doit le pleurer à chaudes larmes en ce mois anniversaire de son grand départ, c’est sûr ! C’est bien l’un de ses personnages ?... Devant sa machine à écrire, il n’était mu que par le seul «Honneur de la tribu». Il fallait coûte que coûte le sauver. Ses idées, ses convictions, ses idéaux, son combat, des armes redoutables ciblant le vil, l’odieux et l’abject, l’auront décidément fait oublier jusqu’à prendre au sérieux et à temps ce mal qui le rongeait…Sa tragique disparition, prématurée, tel un don de soi, suprême sacrifice, mettra-t-elle un terme à cette «malédiction» sans égal qui s’est abattue sur son pays, son peuple ?... Pour, enfin, «Une paix à vivre» ?
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