| IMZADDE MOHAMED ALI GUELLATI |
|
Imzad n’est pas qu’un livre sur cet art du Sahara et ne concerne pas uniquement cette région d’Algérie. C’est un vrai livre d’art sur, entre autres, la beauté des paysages de l’Algérie tout entière, sous forme d’album photos réalisées par Mohamed Ali Guellati. «C’est un porte-folio, un résumé et un clin d’œil, sur la beauté de l’Algérie. J’ai beaucoup voyagé, mais hors des sentiers battus. Les gens ne connaissent pas bien l’Algérie profonde. Cet ouvrage est un témoignage sur la nécessité de la protection de la nature», nous a confié le photographe. Le livre est rehaussé par des textes de Mohamed Lakhdar Maougal. La première photo qu’on trouve en feuilletant ce livre est celle d’un paysage enneigé. Mais en le feuilletant encore, on découvre que le voyage va plutôt du sud au nord du pays. L’Ahaggar est la première région visitée. Là, Guellati a rencontré, il y a une vingtaine d’années, Khaoulen, la joueuse d’imzad qui a inspiré son titre à son ouvrage. Le lecteur trouvera un portrait de Khaoulen aux côtés d’une dizaine d’autres comme ceux de la «Jeune Targuia portant la khomeissa» ou du «Targui en tenue de fête». «C’est un monde de l’inconnu que l’on découvre. Monde de l’insolite, reproduction clonée des univers lunaires imaginés jusque-là par des poètes et des romanciers visionnaires », écrit Maougal. Au Sahara, il y a aussi le Tassili N’Ajjer et ses peintures rupestres, ainsi que l’Erg occidental. «C’est que en ce légendaire pays des sables infinis, vivants et imperceptiblement envahissants, en ce pays aux sources fraîches et limpides jaillissants comme par miracle des roches ou des sables pour se répandre en cascades ou en ruissellements interminables, la vie humaine se prend à s’épaissir, à grossir, à s’enrichir de perceptions, de sensations, d’émotions, de passions inégalées et jamais atteintes», écrit encore Mohamed Lakhdar Maougal. Les paysages changent en allant vers le nord. C’est d’abord les Hauts-Plateaux, puis les montagnes et enfin la mer. A chaque halte, Guellati offre à notre vue ce que son regard d’artiste a senti avant de fixer par l’objectif de son appareil photo. Maougal fait remarquer que sur les Hauts- Plateaux, les hommes s’accrochent à la terre et composent avec la nature, si capricieuse dans ces contrées. La montagne, de son côté, est «d’une grande diversité pour qui se donne la peine et le loisir de la visiter attentivement». «Paix sur Djidjelli au parfum de liège entêté !» dit un ancien poème algérien. La corniche jijelienne et sa sœur «jumelle» béjaouie sont d’une beauté paradisiaque. L’ouvrage d’un volume et de dimensions respectables comporte 153 photos sur les paysages d’Algérie, mais aussi sur ces villes antiques, ces monuments, sa culture, etc. Pourquoi ce titre «Imzad» ? Tout simplement parce que Mohamed Ali Guellati a imaginé un voyage bercé par le son méloncolique et mélodieux de ce violon monocorde, joué uniquement par les femmes chez les Touareg. Né à Alger en 1959, Guellati est un artiste «engagé» pour la protection de l’environnement. Il se considère également, comme «un ami des Touaregs». Il a à son actif plusieurs expositions en Algérie et à l’étranger dont celles au Nouveau Salon de Paris en 1979 et au château de Molenbeek, à Bruxelles, en 1988.
Bookmarker
Envoyer par mail
Commentaires
(0)
|


