| Kairouan - phare éternel de l’Islam |
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La ville dans l’âme S’y perdre pour mieux se retrouver. Un peu comme on s’évade dans ses rêves, dans des lieux connus ou inconnus tentant de trouver, en arpentant inlassablement des chemins insoupçonnés, ce qui fait l’âme d’une ville, son pouls, et son cœur battant. Et Kairouan est riche d’histoire, qui a inspiré ce très bel ouvrage, sorti aux éditions Apollonia, fuit d’une déambulation nostalgico-historique de Mohammed Kerrou qui en a signé le texte, accompagné des photographies de Mohamed Sakli, qui sertissent le joyau comme les perles d’une couronne. Ainsi le voyageur solitaire qui part à la découverte de ce lien de spiritualité et de lumière, n’aura pas seulement en tête, le souvenir de Paul Klee, et de tous ces autres peintres éblouis par tant de clarté, et qui en ont conservé le souvenir longtemps après l’avoir quittée, traquant au cœur de leurs toiles ces vibrations chromatiques qui les ont ému, et dont le mystère n’a eu de cesse de nourrir leur enchantement, mais aussi celui de tous ces conquérants illustres, qui ont établi la ville de Kairouan, cette « Qayrawane » difficilement accessible de prime abord, jusqu’à ce que Okba ibn Nafâ n’investisse les lieux, à la tête de son armée, et ne fasse tomber toute résistance. Par la suite, devenue capitale régionale de l’Islam, Kairouan, grâce à une succession de métamorphoses, et au génie architectural de l’époque auquel l’on doit notamment l’édification de Articulé en quinze chapitres, l’ouvrage : « Kairouan – phare éternel de l’Islam », se clôt sur une citation de Georges Perec, choisie par Mohamed Kerrou, parce qu’elle fait résonance à son sentiment intérieur : « L’espace fond comme le sable coule entre les doigts. Le temps l’emporte et ne m’en laisse que des lambeaux informes. Ecrire, essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose, arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marge ou quelques signes »…
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