| La complainte De Nathan De Aziza Azzouz |
|
Des enfants nous plongent dans un spectacle féerique! Gérer sur scène la présence et la prestation d’une soixantaine d’enfants de dix à douze ans pourrait relever d’une gageüre insensée. Mais pas pour Aziza Azzouz qui a accompli haut la main ce véritable tour de force. Elle a réadministré la preuve, ce soir-là, de sa maestria et de son brio et réaffirmé les innombrables facettes de son talent unanimement reconnu. C’était à Bizerte, à l’occasion de la soirée théâtrale organisée par l’école «Les sœurs» pour la célébration de la fin de l’année scolaire. Aziza Azzouz a réussi à ériger cette manifestation en une véritable tradition à laquelle la prélature de Tunis apporte un soutien sans réserve et que les élèves autant que leurs parents attendent avec exultation. C’est que depuis que notre dramaturge—metteur en scène—chorégraphe a obtenu la confiance de ses commanditaires pour monter ses spectacles sous la bannière de l’institution, elle s’est dépêchée de fonder une école de théâtre baptisée «fleur de lys» que l’on voulait « un supplément éducatif dans le cadre de l’apprentissage de la langue française et l’épanouissement de la personnalité de l’apprenant ». Et ce furent, successivement, des spectacles de bien bonne facture. «Le bateau de l’espoir, 2008», «L’odyssée de l’espoir, 2009», «Le pantin de chiffon, 2009», «Les ponts de la vie, 2009» qui ont laissé des traces indélébiles dans l’esprit des enfants notamment. Pour cette année, Aziza Azzouz a créé, toujours dans le même esprit, une comédie musicale intitulée «La complainte de Nathan » dont elle a assuré l’écriture du texte, la mise en scène, la conception des costumes, des décors, des lumières et le choix de la musique et accessoirement… l’administration du budget. Trop pour une seule femme à l’apparence frêle? Pas quand on connaît la passion et le zèle qui l’animent, la faculté vigoureuse et l’énergie productive qui l’agitent. Inlassablement, depuis le début de l’année scolaire en cours, elle n’a pas connu de répit, inoculant le virus du travail intense à sa troupe juvénile, entraînant ses collaborateurs dans ce projet fédérateur car, le succès pour elle appelle le succès et qu’il faut viser toujours plus haut. Et c’est, de fait, un véritable plaisir d’assister aux répétitions de cet imposant groupe d’enfants, lequel sous la férule de Aziza, revit ses expériences, apprend à maîtriser son espace et son corps, à exprimer ses sentiments. Il apprend, également, les différentes étapes de la mise en scène et la gestion de ses émotions au moment de la représentation. Ce soir-là, au palais des congrès, devant un parterre bondé, l’école de théâtre «Fleur de lys», composée d’élèves de cinquième et sixième années de l’enseignement de base, a présenté sa dernière création «La complainte de Nathan», une comédie musicale traitant de l’intolérance, de l’intransigeance, de l’étroitesse d’esprit, de l’injustice. Les jeunes acteurs ont dénoncé ces tares de la société grâce à un texte signé Aziza Azzouz, quelque peu ardu, selon nous pour cette catégorie d’âge. Toutefois, la pilule est passée assez aisément à la faveur des thèmes musicaux choisis pour illustrer la notion traitée («Nous sommes des étrangers, des sans papiers», «Je fais de toi mon essentiel», «L’avventura», «Je m’appelle Nathan», «I’m live », «L’assassymphonie»…) mais surtout grâce à ces tableaux chorégraphiques d’une grande beauté, exécutés par des enfants dont on aurait juré qu’ils ont fait cela toute leur vie. Et pour donner à son spectacle une touche professionnelle (mais pourquoi donc?), Aziza Azzouz a cru bien faire de faire appel à deux danseurs professionnels (Mariam Ferchichi et Khoubaïeb Jallouli) qui ont «illustré» fort joliment du reste certaines répliques dites par les enfants. L’on ne saurait omettre de citer les bonnes performances des équipes techniques, ni les collaborateurs ayant veillé sur l’exécution des décors, des costumes, des jeux de lumière et de la sonorisation. Comme l’on se doit de souligner la bonne performance lyrique de Mariam Azzouz, la propre fille de la metteure en scène qui a interprété avec brio et conviction «L’assassymphonie». Comme l’on s’y attendait, en fait, Aziza Azzouz a concocté à notre intention un spectacle féerique. Et quoi de mieux que de passer une soirée subjuguée par le savoir-faire naissant d’une troupe d’enfants de talent sous la direction d’une grande artiste. Après ce spectacle, Aziza Azzouz nous promet, pour la rentrée, un roman «Les vieux démons», un recueil de poésie «Paysage intérieur», ainsi qu’une participation au spectacle de danse que montera, pour octobre prochain, le duo Ferchichi-Jallouli.
Bookmarker
Envoyer par mail
Commentaires
(0)
|


