| La section de Constantine cherche refuge au palais du Bey |
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A moins que l’on ne veuille étouffer le projet lancé il y a quatre longues années par le luthiste Nasseer Shemma en collaboration avec de jeunes talents de l’association musicale Maya rebaptisée «Association Beit El Oûd el arabi» (La maison du luth arabe), un ultime appel aux autorités locales a été lancé avant-hier par le virtuose irakien. Dans une conférence de presse animée samedi soir au Panoramic, conjointement avec les responsables de l’Office communal des activités culturelles et artistiques de Constantine, Nasseer Shemma a estimé que la section constantinoise de «Beit El Oûd el arabi» était en «hibernation» depuis plus d’une année faute d’espace pouvant accueillir les amoureux de cet instrument millénaire.La fermeture, faute de moyens, de l’école de musique Maya, qui abritait le projet, a contraint la dizaine de passionnés réunis autour du projet à vadrouiller depuis maintenant plus de deux ans. De la maison de Jeunes au conservatoire communal en passant par le palais de la Culture, ces jeunes, prenant leur mal en patience, se sont contentés deux ans durant d’élire domicile pour une ou deux heures par semaine dans des espaces «offerts» par les responsables des lieux. La section « Beit El Oûd el arabi » de la ville du Rocher, unique au Maghreb, était la première d’une série d’antennes prévues un peu partout à travers le monde arabe et occidental. Le maestro qui caresse l’espoir de voir son rêve se concrétiser, ambitionnait dès le début de faire de la cité des ponts la Mecque nord-africaine de l’Oûd. Ses doléances et celles des membres de l’association auprès des autorités locales sont, depuis, restées lettre morte. Cette fois encore le luthiste a émis l’espoir que ce vœu soit enfin exaucé. Il a laissé entendre que le palais du Bey, récemment restauré, «représente actuellement l’endroit le mieux adapté, où la musique orientale, le oûd notamment, puisse être enseigné». L’idée avancée il y a près de deux ans est tributaire des intentions des responsables locaux. Nasseer Shemma est aussi revenu sur les talents qui peuvent être révélés grâce à cette école de formation : «Nous avons créé à Constantine un noyau de Beit El Oûd, et on a été ravi de voir émerger de vrais talents ». Ces jeunes révélations, dira Nasseer, militent encore pour avoir un endroit où ils pourront exprimer leur passion. Par ailleurs, poursuit-il, la section Beit El Oûd d’Abou Dhabi (Emirats arabes unis) lancée deux ans après celle de Constantine, a déjà vu la sortie de plusieurs promotions d’enseignants solistes. Ces derniers assurent désormais la formation des jeunes élèves, en plus de leur participation à de grands concerts à travers plusieurs pays. De son côté, le directeur de l’Office communal des activités culturelles et artistiques de Constantine, M. Hassan Blikaz, a indiqué que son organisme ambitionne de donner à la ville un cachet particulier. Son souci est de répondre, par des activités variées collant avec l’actualité, à tous les goûts. Le conférencier est revenu sur la diversité du programme concocté pour ce ramadan. Les Constantinois ont pu, en effet, apprécier divers genres musicaux tels que le malouf, le chaâbi et le gnawi. Depuis hier, la ville des ponts vibre au rythme de la musique instrumentale. Baptisé «Les nuits des solistes», le concert inaugural de cet événement, prévu pendant trois soirées au Théâtre régional, devrait être assuré par Nasseer Shemma qui retrouvera pour la quatrième fois le public constantinois. Le trio Amrat Hussain, un groupe franco-indien, assurera aujourd’hui la première partie d’une soirée qui verra également la montée sur scène du Syrien Juan Farhan au « Saz », un instrument très répandu en Asie mineure et au Kurdistan. Ce dernier dirigera aussi les élèves constantinois de « Beit el oûd el arabi » dans leur deuxième sortie depuis quatre ans. Enfin, « Wiosna », un groupe français, clôturera demain l’événement.
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