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Le troubadour de la chanson kabyle Brahim Izri

Le 5 janvier 2005 nous quittait à jamais l’artiste Brahim Izri. Le destin a voulu qu’il ne dépasse pas les 51 printemps d’une vie marquée par des joies et des peines.

Emporté par la maladie, alors qu’il pouvait encore beaucoup donner à la culture amazighe qu’il a défendue avec acharnement jusqu’à son dernier souffle, le chanteur accompli Brahim Izri est décédé dans un hôpital parisien, le 5 janvier 2005. Dans la zaouia de son grand-père, l’enfant qu’il était, né le 12 janvier 1954 au village d’Ath Lahcen (Ath Yenni, Tizi Ouzou), écoutait avec passion les chants coraniques que récitaient les étudiants en théologie. Cela lui a servi, puisqu’il jouait déjà de la flûte, instrument fabriqué avec un roseau. Les douces mélodies qui coulaient de ses lèvres captivèrent des orateurs qui voyaient déjà en lui un jeune musicien prédestiné à une carrière artistique prometteuse. Brahim I. a, lui, préféré allier les études à l’art. Il était lycéen quand il a déclaré son amour à la chanson, en fondant avec d’autres lycéens le groupe Igoudhar, une formation qui s’est lancée dans le genre moderne, mais qui, malheureusement, n’a pas duré longtemps. Brahim ne s’est pas découragé, il a alors accompagné à la guitare le chanteur emblématique Idir, durant des années. Il a donc participé à des tournées en France et en Europe. Cette longue expérience a fait de lui un musicien aguerri, capable de voler de ses propres ailes et de devenir une personnalité musicale. Homme de conviction, qui voulut percer davantage dans le domaine artistique, il décida alors de tenter sa chance en solo.
En 1986, il produit sa première cassette de six chansons, comme auteur, compositeur et interprète. L’artiste étala tout son talent, surtout avec la chanson Dhachouyi, qui illustra son combat pour le triomphe de la culture amazighe. Ce barde de la chanson moderne kabyle sortit un nouvel album en 1995, intitulé «Lboudala», un chef-d’œuvre. Le chanteur a beaucoup plus de succès avec la chanson Chetedouyi. Nombre d’observateurs ont vu en lui un artiste au grand talent qui veut propulser la chanson moderne kabyle à un niveau universel. En 1999, le titre Tizi Ouzou, comprenant des couplets en kabyle et en français, est chanté en trio avec Idir et Maxime Le Forestier. Ce que les fans ont retenu de Brahim, c’est sans doute le fait qu’il ait osé faire chanter en kabyle un Français, son ami Maxime Le Forestier. Brahim a également exprimé son attachement à la patrie dans le titre Algérie, mon amour, chanté avec plusieurs artistes algériens.
Parmi ses actions de bienfaisance, il y a sa participation très remarquée au Zénith (Paris) avec quatre autres chanteurs lors d’un gala. La recette a été versée à une association d’aide aux victimes du printemps noir de 2001, en Kabylie. Il a également intervenu après les tragédies de Boumerdès et Bab El-Oued. Il a été aussi d’un soutien indéfectible aux sans-papiers de France, comme il a milité en faveur des valeurs démocratiques, revendiquant l’émancipation de la femme, la liberté d’expression et la diversité linguistique et culturelle dans ses créations.
Ce grand homme est non seulement connu comme l’une des célèbres voix kabyles qui ont beaucoup donné à la culture algérienne, mais aussi comme un humaniste au cœur généreux.
Ce chanteur n’est, certes, plus de ce monde, mais il est resté vivant dans les cœurs de ceux qui ont connu son courage et son humanisme. Ses deux chansons Chetoudouyi et Tizi Ouzou ont eu un succès immense. Elles ont été reprises par Idir.
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