| L'écrivain Djamel Mati |
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Une balade dans le genre humain Dans cet entretien, il rappelle ses écrits et ses préférences littéraires. Ses romans sont passionnants, ses personnages si denses et ses intrigues rondement menées. Avec sa verve féconde, Mati nous emmène chaque fois dans une balade dans le genre humain dont la loi du genre est transgressée. Votre dernier ouvrage LSD est un livre qui ne s'inscrit pas dans la même démarche que les autres, pourquoi ? LSD est pour moi l'accomplissement d'un vieux rêve, celui d'écrire sur l'évolution de la terre, des espèces et de l'humanité et sur le comportement de cette dernière vis-à-vis de son environnement et d'elle-même. C'était quelque chose de très enrichissant pour moi, de tout à fait nouveau et d’assez compliqué. Il me fallait ingurgiter un large éventail de documentations spécialisées et sérieuses, régurgiter une inondation d'imagination délirante pour relier les deux bouts de l'histoire. La gageure était difficile, du moins au début. J'avoue que j'ai pris beaucoup de plaisir à faire ce roman. Après… l'appréciation appartient aux lecteurs. Le second, je me suis mis dans la peau de Lucy, l'australopithèque qui revient faire une leçon de vie au monde moderne. N'y voyez aucun rapport entre ces deux personnages féminins… ou plutôt si…celui de la femme fantasmée, la matrice des origines et aussi l'ultime recours de l'homme, «l'éternel féminin». L'histoire de ce vieux qui aimait lire des romans d'amour est tout simplement sublime et saisissante de pragmatisme de bon aloi. Un roman de toute beauté au cœur de l'Amazonie, où l'auteur nous permet d'explorer la jungle, tout en dénonçant le massacre du poumon de notre planète. Même si le roman est publié au début des années 1990, il s'inscrit dans une actualité mondiale toujours brûlante. Luis Sepulveda à travers ce livre nous fait aimer la nature, nous pousse à respecter les peuples et leurs mœurs… surtout dans leurs divergences qui contrairement à ce qu'on croit ne peuvent que nous rapprocher d'eux. C'est cela, la magie de l'écriture. Les lecteurs n'ont pas besoin de ce genre de débat «du rentre-dedans». La parole très violente ou injurieuse contre un autre écrivain n'apporte rien de nouveau sinon des réflexions anecdotiques. On peut retrouver ce type de comportement en dehors du champ intellectuel. Rien d'enrichissant et sans aucun intérêt éclairé pour le lecteur. Nous nous retrouvons devant une approche (à la limite) philistine de la littérature. Franchement, je souhaite ne pas m'attarder sur votre question, sinon je risque de tomber dans le même piège. Concrètement, la raison est un peu plus spécifique, Les yeux de Yoko est une histoire chargée d'émotions complexes et de situations lourdes de sens (à mon avis). J'ai donc besoin de me convaincre en premier avant de décider de sa publication. Toutefois, je peux dire qu'il est fini et se présente bien (sourire).
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