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LHESNAWI AMECTUH

De son vrai nom Madjid Aït Rahmane, Lhesnawi Amectuh, est né le 17 mars 1953 à Ath Wasif dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ses premiers moments artistiques, comme tous les jeunes de son âge, mais surtout de son époque, il les connaîtra en essayant de tirer des notes d'une guitare de fortune. Il participera à l'émission de la chaîne II «Icennayen n uzekka» (les chanteurs de demain) de Medjahid Hamid. Ce sera Chérif Kheddam qui le découvrira et lui donnera ce surnom ou pseudo de «Lhesnawi Amectuh», car le voyant imitant abondamment et ressemblant beaucoup à cheikh Lhesnawi. C'est, d'ailleurs, avec l'autorisation de ce dernier qu'il chantera son recueil et gardera ce nom. Même avec un répertoire de pas moins de 140 chansons à lui, l'artiste est aussi auteur-compositeur, il continuera de chanter les productions de son maître, le cheikh. Rencontré lors de la première édition du Festival de Tikjda, l'artiste s'est montré très disponible et jovial. Il nous déclarera que «ce Festival honore la wilaya de Bouira.

Il faut des festivals, des fêtes, des galas et du sport pour la population en général et les jeunes en particulier » a-t-il ajouté. Au sujet de sa carrière artistique et de ses futures produits, il annoncera «un grand retour» avec un CD contenant 8 chansons édité chez Akbou music. Comme à son habitude, les thèmes traités sont liés «au social, au sentimental et à l'injustice». L'artiste a également un répertoire de 10 chansons Madih qu'il affirme présenter durant le mois de Ramadhan prochain. Madjid Aït Rahmane, dit Lhesnawi Amectuh, a été une victime des attentats des terroristes islamistes. Ces derniers viendront le voir et le menacer chez lui à Dergana, dans son atelier de confection, l'artiste étant aussi un maître tailleur. «rek ttbaa f Saïd Sadi» «tu es en train de suivre Saïd Sadi» m'ont-ils reproché. Ne s'étant pas plié à leurs exigences et à leurs chantages, ils brûleront sa maison et lui prendront sa voiture et son argent en 1995. Il subira une dépression nerveuse à l'issue de laquelle il sera «interné à l'hôpital psychiatrique de Chéraga, durant une année», nous informe-t-il. Sa femme également vivra une situation pénible et semblable à la sienne.

«Enceinte de huit mois au moment de la visite des terroristes, elle accouchera anormalement d'un bébé qui sera handicapé et aveugle», ajoutera-t-il. Il reconnaît avoir bénéficié d'un logement AADL en 2009 mais «je n'ai pas eu tous mes droits», se plaint-il. Par ailleurs, Madjid Ait Rahmane «affirme que dans un pays où il n' y a pas de justice, il ne peut y avoir de social, ni de culture, ni de développement, ni de bien-être...» Au sujet du statut des artistes, il affirme sans hésiter : «on veut un statut» non sans ajouter que «les artistes algériens meurent à petit feu et se cachent pour mourir». Connu comme étant intransigeant sur les principes et inébranlable dans ses convictions, l'artiste ne mâche pas ses mots et ajoute que «certains se montrent pour nous faire souffrir.» Lhesnawi Amectuh était heureux de se retrouver à Tikjda pour participer au Festival et nous a déclaré être toujours en forme et au service de l'Art. C'est connu que malgré leur situation sociale et matérielle peu enviable, et c'est le moins que l'on puisse dire à ce sujet, les artistes algériens continuent toujours de produire, de chanter et de servir l'Art en général. Madjid Aït Rahmane, dit Lhesnawi Amectuh, nonobstant son âge et ce qu'il a vécu au cours des années féroces du terrorisme, s'est montré digne et inflexible à ce Festival de Tikjda. Il a rassuré son public et l'a assuré de sa disponibilité artistique et personnelle.

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