Maya Shane

maya-shaneC’est Jean Cocteau qui disait que la jeunesse est la fièvre de la santé et que la musique est la fièvre des arts. La chanteuse franco-judéo arabe, Maya Shane surgit dans le paysage musical français au moment où la France pilote avec l’Egypte un ambitieux projet de création de l’Union pour la Méditerranée.

Digne héritière d’une longue tradition franco-orientale, d’Aznavour à Macias en passant par Dalida, Moustaki et Claude François, Maya Shane tente dans cet album, de sublimer sa fièvre musicale en nous la déclinant en chanson d’amour et de bonheur.

«Révélation» est la chanson phare de cet album où elle joue avec une haute subtilité sur la nuance des plaisirs et la confusion des sentiments. Elle nous emmène ensuite vers des thèmes ludiques égyptiens, comme si la chanteuse, dont les parents sont originaires de Tunisie, tente, telle une déesse indienne, de tendre ses multiples bras vers la vallée du Nil, à la recherche des maîtres de la musique, comme Farid l-Atrache, Abdel Halim Hafez et bien sûr la Diva Oum Kalsoum.

Les chansons se suivent mais ne se ressemblent pas. Une seule obsession chez Maya Shane qui apparait comme un fil conducteur dans toutes ses chansons, marier, dans une heureuse mélomanie, l’Orient à l’Occident.

Au XIX è siècle, les Saint-Simoniens disaient que l’Orient et l’Occident se marieront et que la Méditerranée en sera le lit nuptial. Le génie de Maya Shane, est qu’elle est venue au bon moment, pour se mettre dans la peau de prêtresse de ce grand mariage. Elle est venue pour rester et pour produire d’autres albums qui nous feront rêver. Le grand libanais, Georges Schéhadé disait : « Qui habite les songes, ne meurt jamais ». C’est à Maya Shane, de suivre sa belle destinée pour nous faire songer et atteindre, avec elle, l’éternité.