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Sofiane Abou Lagraâ, un chorégraphe hors pair

Nous le connaissons très peu. Pourtant, il a été sacré meilleur danseur international de l’année 2009. Sofiane Abou Lagraâ a été récipiendaire de cette distinction le 12 mai dernier lors de l’International Movimientos Dance Festival, l’un des rendez-vous phares des professionnels de la danse. Le revoilà dans une nouvelle chorégraphie dédiée au musicien Claude Debussy, qui sera présenteà Annecy les 2 et 3 février prochains.

La quarantaine à peine entamée, Sofiane Abou Lagraâ, danseur hors pair d’origine algérienne, fait ses classes à Lyon où il adopte aussi quelques gènes artistiques. Probablement un héritage de cette mère égyptienne. Pour cet artiste, «danser revient à s’interroger sur l’homme, l’existence, la place de l’homme et surtout comment arriver à vivre ensemble avec nos différences, à construire un monde nouveau avec énergie et confiance». Abou Lagraâ, dans un parcours fait d’amour de la danse et de passion du mouvement, est un artiste prolifique qui a déjà une dizaine de chorégraphies à son actif. L’une des missions que lui a confiées Khalida Toumi, la ministre algérienne de la Culture, consiste à développer l’art chorégraphique en Algérie. Cette ambitieuse entreprise, à laquelle il participe en qualité d’artiste associé, a commencé dès ce mois de janvier par une série de castings de danseurs dans tout le territoire national et qui vise à «dépoussiérer» le ballet national algérien, créé déjà en 1962, juste après l’indépendance du pays. Sofiane est excité à l’idée de recréer du mouvement dans le pays de ses racines, surtout après une série de spectacles donnés ici et notamment la clôture du deuxième Festival panafricain d’Alger en juillet dernier. Formés au classique, la vingtaine d’artistes qui travaillera avec le fondateur de la baraka sera initiée au contemporain, au moderne, au hip hop mais aussi à l’écriture Abou-Lagraâ. Comment la définit-il ? «Ma gestuelle est un mélange de toutes ces tendances qui est en même temps très emprunte de mes origines. Il y a, par exemple, beaucoup de mouvements du bassin, des épaules et des avant-bras mais aussi des mains», précise-t-il. «Avec ce projet, j’ouvre un pont culturel entre la France et l’Algérie». Entre Debussy et Omar Khayyam, son cœur et son corps balancent. Entre-temps, ses projets continuent entre sa troupe, créée il y a dix ans, Baraka et les nombreuses chorégraphies qui lui prennent un temps fou avec notamment sa femme Nawal qui partage sa vie et son art. La dernière en date, après un retour du pays de ses ancêtres, Sofiane Abou Lagraâ revient avec une chorégraphie pour un groupe de sept danseurs et un quatuor de musique de chambre, le quatuor Debussy. Sur un concept, semble-t-il jailli du néant, anarchique et désordonné qui s’organise au fil du spectacle pour donner en fait un tout cohérent.
Notre nouveau chorégraphe vedette revient donc en mouvements sur le fil de la vie. Il adopte une posture vivante qui «puise aux sources intimes de la danse». Et qui sonde de nouveaux territoires esthétiques avec sans cesse cette fascination pour des univers étranges, avec ce choc établi avec les autres danseurs dans un monde fait de douleurs et d’entrechocs humains, déclencheurs et catalyseurs des dualités les plus belles, quand elle sont investies par le champ artistique de ce chorégraphe flamboyant. Abou Lagraâ sera en spectacle sous d’autres cieux à Annecy (France), les 2 et 3 février prochains dans une chorégraphie dédiée au musicien Claude Debussy, en attendant sa prochaine tournée virevoltante en Algérie dont nous vous confierons le secret dans les semaines qui suivent.
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