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Takfarinas fait un tabac à Tam

Lorsque l’art est bien porté, il ne laisse personne indifférent. Et même lorsqu’on ne comprend pas toujours tout, on se dit que c’est peut-être là le véritable secret du grand art. La preuve Takfarinas à Tam...

L’esplanade du 1er-Novembre grouille de mon-de en cette soirée qui s’annonce pas tout à fait com-me les autres. Il est déjà vingt et une heures. La foule compacte massée autour de l’esplanade protégée par un important cordon de sécurité, s’impatiente. Tandis que Takfarinas fait durer le plaisir en se faisant désirer. Nouveaux sifflements du public  auxquels répond l’orchestre de Tak par quelques morceaux d’anthologie du cru. A l’impatience à peine contenue, on répond en fond musical du terroir. Et puis soudain une formidable clameur : l’enfant terrible de la chanson amazighe fait enfin son apparition sur scène, salue la foule par un azzoul repris en chœur par une assistance déjà acquise malgré une attente quelque peu longue. Mais ainsi sont les stars, paraît-il, qui affectionnent tant se faire désirer. Par contre et pour la présence scénique, l’auteur de l’inusable Ouaye thelha (Dieu qu’elle est belle), sait vraiment y faire, lui, qui, il est vrai, aura côtoyé plutôt du beau monde du show biz. Ce qui explique cette aisance sur scène qu’on lui connaît et reconnaît volontiers. Et qu’il a encore une fois justifiée sur cette aire de l’esplanade noire de monde, des jeunes en majorité au demeurant, qui laisseront libre cours à leur élan. Pendant que Tak, lui, transfuge du groupe Tagraoula avant la scission qui lui aura permis quoi qu’on dise de se prendre tout seul en charge tel un grand qu’il est devenu. Avec un orchestre composé de musiciens d’horizons divers, mixte tout comme un bon mixage... Et les deux mille jeunes, un record absolu pour la circonstance, qui ont donné sans coup férir de la voix pour signifier leur osmose avec la star, se sont retirés, tard dans la nuit, la tête résonnant de sons et de lumière. Notamment de ce morceau que d’aucuns parmi les critiques n’hésitent pas à considérer comme d’anthologie, j’ai nommé mesdames et messieurs Idhli kane, qui signifie pour les non-initiés, c’était à peine hier. Une complainte jaillie des entrailles de l’artiste et qui raconte son propre vécu fait de hauts et de bas, de bas et de hauts, de hauts, de bas, la vie quoi, dans toute sa saveur et sa cruauté. Et il y a mis vraiment ses tripes. A telle enseigne que l’émotion qui se dégageait de la star  traversait l’assistance, s’y incrustait, pour se propager enfin jusqu’à l’infini. Là où seules les grandes blessures se nichent, ne passent et ne se guérissent peut-être qu’au détour d’une rencontre, celle d’une autre vie aussi colorée qu’épicée. Bravo Tak pour ce pur moment de bonheur qui nous change bigrement de cette foultitude de chanteurs qui naissent comme ils disparaissent. Dieu que l’art peut être si volatile..

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